Déclaration politique : séance de clôture ICARRD

Les Peuples Autochtones et les mouvements sociaux réaffirment leur unité et leur soutien aux organisateurs de la CIRADR+20, mais rejettent la déclaration de la conférence lors de la cérémonie de clôture

Cartegena de India, Colombie

Les peuples autochtones et les mouvements sociaux se présentent aujourd`hui devant vous pour exprimer notre unité indéfectible. Pendant des siècles, les oppresseurs ont utilisé contre nous une stratégie visant à diviser pour mieux régner. Cela est désormais révolu. Si les droits de l`un d`entre nous sont bafoués, nous nous unirons toutes et tous pour les défendre.

Nous avons travaillé ensemble avec le gouvernement colombien à l`organisation de cette conférence et nous apprécions sans réserve l`engagement de la Colombie en faveur de la justice agraire et sociale et du bien de l`humanité, ainsi que son ouverture à inclure nos voix dans ce processus. La Colombie s`est prononcée contre l`impérialisme et ses agressions contre les peuples frères et sœurs. En ce moment même, l`Iran est la cible d`une nouvelle attaque impérialiste. Nous reconnaissons que tous les peuples du monde, ainsi que les gouvernements du Sud, doivent s`unir pour défendre le droit international et les droits humains.

Il a fallu de longues luttes pour obtenir la reconnaissance des droits des peuples autochtones et des droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales. L`Assemblée générale des Nations unies a adopté la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales. Nous n`accepterons aucune décision qui représente un recul des droits reconnus.

Le concept de communautés locales et son amalgame avec les peuples autochtones constituent une atteinte inacceptable aux droits des peuples autochtones. Dans ce contexte, nous soulignons que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, le Président du Mécanisme d`experts des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et le Président de l`Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones ont précisé que les caractéristiques, la nature et les origines des droits des peuples autochtones sont très différentes de celles des autres groupes. Par conséquent, les peuples autochtones ne doivent pas être regroupés avec un ensemble indéfini de communautés qui peuvent avoir des droits et des intérêts très différents.

Le concept de communautés locales constitue également une atteinte aux droits des peuples et communités pêcheurs, des éleveurs et éleveuses nomades, des paysannes et paysans et des travailleuses et travailleurs ruraux. En particulier, les peuples maritimes, les communautés de pêcheurs artisanaux et les peuples autochtones et pastoraux mobiles doivent être explicitement reconnus comme titulaires de droits, et la réforme agraire doit intégrer les territoires aquatiques et pastoraux, ainsi que les territoires de mobilité des peuples autochtones et pastoraux. Les routes migratoires du bétail et les pâturages sont des espaces de vie, de gouvernance collective et de droits.

La réforme agraire du XXIe siècle doit inclure tous les peuples : peuples autochtones, paysannes et paysans, éleveuses et éleveurs nomades et mobiles, pêcheuses et pêcheurs, femmes, jeunes, personnes de divers genres, travailleuses et travailleurs, communautés afro-descendantes, agricultrices et agriculteurs familiaux. La réforme agraire ne concerne pas seulement la terre, elle concerne la terre, les forêts, les océans, les rivières, les zones côtières – nos territoires, nos merritoires et aquatoires. La souveraineté alimentaire et l`agroécologie doivent être au centre de la réforme agraire. Il ne s`agit pas d`approches techniques, mais de façons globales dont nous, en tant que peuples et sociétés, nous nous rapportons les uns aux autres et à la Terre Nourricière.

Nous exprimons notre profonde reconnaissance pour l`importance de cette conférence. Elle a permis de replacer la réforme agraire au centre de l`agenda multilatéral et de reconnaître qu`il ne peut y avoir de solution aux crises multiples et interdépendantes actuelles sans une réforme agraire authentique, globale et populaire. Cette conférence doit être suivie d`effets concrets et nous nous engageons à participer à ce processus, en veillant à ce que nos droits soient respectés, protégés et garantis à tout moment.

Nous ne pouvons accepter la déclaration de cette conférence. Au cours des mois et des années à venir, nous en ressentirons les effets dans nos communautés et nos territoires. Cependant, nous poursuivrons notre lutte et notre travail afin que les concepts qui portent atteinte aux droits des peuples autochtones et à ceux d`autres communautés rurales soient supprimés des conventions internationales. Nous sommes prêts à travailler avec tous les gouvernements pour parvenir à la pleine réalisation des droits humains et des droits des peuples autochtones. Nous appelons tous les gouvernements à s`engager avec nous dans un dialogue de bonne foi sur les questions relatives aux peuples autochtones, aux droits des pêcheuses et pêcheurs et des éleveuses et éleveurs nomades, aux droits des femmes et à l`agroécologie.

La réforme agraire, la souveraineté alimentaire, la justice sociale, agraire et environnementale ne seront réalisées qu`au prix de luttes. Nous rentrons maintenant chez nous pour organiser nos peuples et nos organisations afin de mener ce combat pour l`avenir des peuples et de la Terre Nourricière.

Réforme agraire maintenant ! Mondialisons la lutte ! Mondialisons l`espoir

La Déclaration en pdf

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